
TABLE DES MATIERES de "Les concepts fondamentaux du matérialisme historique revisités"
Avant propos
Introduction. Une vue d’ensemble
L’économique est aussi un lieu de pouvoir et d’idéologie
Marx a bel et bien construit une économie générale
Une économie très politique
Mais il ne faut pas confondre pouvoir et domination
Infrastructure/ superstructure : une métaphore féconde, mais à bien comprendre
Comment la production se reproduit
Le cœur du système productif
Une illustration sommaire : la reproduction du capitalisme
Production/reproduction : un vecteur orienté
Les médiateurs de la reproduction et leurs opérateurs
La théorie marxienne est opératoire aussi pour les modes de production précapitalistes
La distinction production/reproduction sert aussi à revoir et affiner la
théorie des modes de production
La sphère de la production vs la sphère du temps libre et de la consommation
La question de la dialectique historique
Dialectique négative et dialectique positive
L’histoire a-t-elle un sens ?
Chapitre 1. Travail concret et travail « abstrait »
Le sens de ces deux concepts
Quid du travail « abstrait » ?
Le fétichisme de la marchandise
De quelques fausses interprétations
Le travail concret comme appropriation ou désappropriation
Finalités du travail concret et du travail « abstrait »
Quelques considérations sur la théorie de la valeur travail
Chapitre 2. Le procès de travail I. La force productive du travail
Le travail est la seule véritable force productive
Méfaits de la domination des moyens de travail sur la force productive du travail
Les méfaits des actions de l’homme sur la nature
Les méfaits des techniques sur la personne du travailleur
Chapitre 3. Le procès de travail II. La relation travailleur/moyen de travail
Les modes de travail
Les modes de travail et la division du travail
Chapitre 4. Le procès de travail III. La coopération
La coopération subjective et ses formes
La coopération objective et ses formes
Chapitre 5. Le procès de travail IV. Travaux productifs et travaux improductifs
Les concepts de travail productif et de travail improductif
Les travaux directement productifs
Les travaux indirectement productifs
Les travaux improductifs
Chapitre 6. Le procès de production/répartition de la « valeur »
Valeur, produit-valeur, valeur marchande
Le procès de création de la « valeur »
Le procès de comptabilisation de la « valeur »
Le procès de répartition de la « valeur »
Les fonds de la répartition
Les fonctions de propriété
Conclusion sur les fonctions de propriété
Chapitre 7. Les procès de reproduction socio-économique
L’exemple de la reproduction du mode de production « domestique »
L’exemple de la reproduction du mode de production « patriarcal »
Les théories de la parenté ont-elles une valeur explicative ?
Brève théorie et histoire de l’échange
Chapitre 8. La superstructure socio-économique
Normes, sanctions, justifications, légitimations
Des fonctions de coercition et d’assujettissement au sein du procès de production lui-même
Les rapports de production secondaires et la superstructure politique
La séparation du politique d’avec les rapports de production superstruturels
La détermination des procès de travail par les rapports de production
Chapitre 9. Effets du mode de production sur le milieu naturel
Quand les classes dominantes détruisent les bases de leur propre société
Le capitalisme a modelé le procès de travail selon sa logique et ses intérêts
Impossibilité d’une croissance sans fin
Ce qui devrait décroître
Changer le système des besoins
Chapitre 10. Le temps libre et le procès de consommation
Le procès de consommation et le temps libre
La production crée-t-elle les besoins ?
La nature humaine dans la perspective du matérialisme historique
D’autres choses que nous avons apprises sur la nature humaine
L’hubris du transhumanisme
Le travail, le temps libre et les besoins
Les effets des rapports de travail et de production sur le temps libre
Les effets de la sphère du temps libre sur les rapports de travail et de production
Chapitre 11. La superstructure politico-idéologique
Pourquoi il faut toujours résoudre des confits
Les fonctions politiques générales
Les niveaux et les formes de l’idéologie
Une brève histoire du politique
Chapitre 12. Les modes de production sans classes
Introduction à la théorie des modes de production
Le mode de production familial primitif
Le mode de production communautaire primitif
S’agit-il d’un cas à part ?
Le mode de production communautaire dans les sociétés plus avancées
Le mode de production coopératif
Un mode de production « collectif » ?
Un certain mode de production familial moderne
Chapitre 13. Les modes de production de classes
Propriété et possession
La logique des modes de production de classes
Le mode de production domestique
Les formes antérieures du mode de production domestique
Le mode de production patriarcal
Le mode de production esclavagiste
Le mode de production étatique
Le mode de production foncier
Le mode de production corporatif
Le mode de production capitaliste
Les différentes formes de capitalisme
La plateformisation numérique du capitalisme
La «transformation des valeurs en prix de production »
L’échange inégal
Que faut-il entendre par capitalisme d’Etat ?
Chapitre 14. Les classes sociales
Les objections les plus sérieuses faites à la théorie marxiste
Les faux-semblants de la théorie libérale
Que retenir des analyses de Pierre Bourdieu ?
Les classes sociales dans les modes de production précapitalistes
Une esquisse des classes sociales aujourd’hui. L’exemple français
Chapitre 15. Les origines psycho-sociales des inégalités
Ce n’est pas la lutte contre la rareté absolue qui est au cœur de l’histoire
« L’insociable socialité » des être humains 1. L’homme comme « animal éco-systémique »
« L’insociable socialité » 2. Du mimétisme à l’agressivité et au besoin de domination
En quoi la thèse de René Girard ne peut convaincre
De la rivalité à l’appropriation des biens
Que conclure concernant la genèse et le développement des inégalités ?
Quelques considérations sur l’égalitarisme
Chapitre 16. Le cours de l’histoire. Une esquisse
Une théorie évolutionniste de l’histoire ?
La détermination par les conditions naturelles et la division du travail
De la sédentarisation et du stockage à l’agriculture et à l’élevage (le m. de p.domestique)
Du mode de production patriarcal au mode de production étatique
L’exception du passage aux modes de production esclavagiste, foncier et capitaliste
L’histoire longue des empires euro-asiatiques
La courte histoire de l’Europe. Ses débuts
Une histoire européenne qui a été longtemps en retard
Les ressorts du rattrapage et de l’envol de l’Occident
Le poids du passé
Chapitre 17. Les « systèmes » globaux
Le capitalisme comme système global et sa différence avec les systèmes précédents
Crises et fissures dans le système-monde capitaliste
Chapitre 18. Dialectique négative et dialectique positive dans l’Histoire
En quoi le matérialisme historique peut-il être dit dialectique ?
La dialectique dans les sociétés de classes
Un contre-courant de dialectique positive
L’homme comme animal dialectique
La contradiction besoin/désir
Le temps de travail versus le temps des affects
La contradiction désir d’individualité/désir de communauté
Que faut-il entendre, in fine, par dialectique positive ?
Chapitre 19. La perspective du socialisme
L’impasse du capitalisme
Le socialisme « réel » ne l’était pas
La recherche sur les « modèles » de socialisme
Le socialisme « à la chinoise »
Et si Marx avait d’une certaine façon finalement raison ?
Le communisme est-il un projet réalisable ?
Quelles chances pour une alternative réelle au capitalisme ?
POURQUOI CE BLOG?
Qui suis-je ?
Difficile à dire. Si j’ai choisi l’enseignement de la philosophie (agrégation 1958, doctorat d’Etat 1986), alors que d’autres métiers m’auraient attiré (la peinture, l’architecture, l’ethnologie), c’était pour pouvoir m’intéresser à tout et ne pas me spécialiser. Et j’ai joui de cette merveilleuse latitude quand j’étais maître assistant de philo à Nanterre, surtout à l’époque où la philosophie s’y était ouverte à toutes les sciences humaines (avant de se refermer sur elle-même), puis professeur de sciences politiques à Paris 8 (de 1995 à 2001, année de ma retraite), où la science politique n’était heureusement nullement confinée à la politologie, et où mes étudiants, venus surtout du 93 et de tous les coins du monde, étaient de bien sympathiques interlocuteurs.
J’ai donc, sous le chapeau philosophique, enseigné un peu de tout : philosophie bien sûr (philosophie générale et épistémologie des sciences humaines, philosophie politique), mais aussi psychanalyse, sociologie, économie, et même (pas longtemps) psychologie expérimentale. Et mes écrits reflètent cette diversité, qui n’a pas du tout facilité ma carrière. La contrepartie : de lourds investissement en connaissances - car je ne déteste rien tant que l’amateurisme qui caractérise les philosophes professionnels, quand ils s’aventurent hors de leur domaine – mais aussi toujours le malaise de ne pas en savoir assez et de négliger tel ou tel champ. Aujourd’hui encore, je n’arrête pas d’accumuler notes et papiers. Donc je pourrais dire que je suis une sorte de philosophe généraliste, et ne le regrette pas, en me disant après tout que j’avais un illustre prédécesseur, un certain Karl Marx, qui lisait, commentait et utilisait tout ce qui lui tombait sous la main, tout en sachant très bien que je ne lui arriverais pas à la cheville. Bref, ces précisions serviront à éclairer mon parcours. Avant d’en dire deux mots, j’ajouterai que, hors mon activité proprement intellectuelle, je n’ai été jamais été qu’un militant de base, à la fois par conviction, par méfiance vis-à-vis de l’exercice du pouvoir, et par manque de disposition à être un homme public. J’ai bien exercé quelques responsabilités (la direction d’un département et d’une équipe de recherche pendant de courtes années), mais sans en tirer ni plaisir ni beaucoup de leçons. Et je dois dire que, en un sens, je le regrette : j’ai été si peu familier des appareils que j’ai du mal à les décrypter. Il est bien tard pour y remédier.
Mes domaines de recherches
Ils ont été fort variés, comme on peut le constater si l’on parcourt ma bibliographie : des travaux dans le champ du marxisme, des travaux épistémologiques, des travaux de philosophie politique, quelques travaux sociologiques et quelques études sur la Chine contemporaine, des écrits de science politique et divers articles d’intervention politique. Mais mes recherches se sont surtout portées, dans les dernières années, sur le socialisme : à la fois sur les socialismes historiques, pour en faire un bilan critique, et sur un nouveau socialisme, à concevoir pour le XXI° siècle.
Repenser le socialisme
Nous sommes nombreux à la recherche d’une alternative à ce capitalisme néo-libéral mondialisé qui déconstruit systématiquement tout ce qui avait rendu le capitalisme vivable (et qui représentait, selon moi, des éléments de socialisme), qui nous a jeté dans une crise globale dont on ne cherche pas sérieusement à amortir les effets, et qui a entraîné, chez beaucoup, une profonde défiance et un véritable dégoût envers la politique. Je ne suis pas de ceux qui pensent qu’on peut se débarrasser du capitalisme du jour au lendemain et que la mondialisation est totalement réversible. C’est pourquoi je pense qu’il ne faut pas répugner à défendre de profondes réformes internes qui pourraient en limiter les dégâts. Mais je crois qu’il faut en même temps commencer à construire, patiemment mais résolument, la nouvelle société : un socialisme de la citoyenneté (notamment à travers la reconstruction des services publics) et un socialisme de marché (articulé à une nouvelle planification). J’ai passé en revue la littérature, si peu connue en France, sur les « nouveaux modèles de socialisme », et tenté d’en proposer un à mon tour, en cherchant à tirer les leçons des échecs du passé et en m’appuyant, autant que je le pouvais, sur les expériences existantes (telles que de nouvelles formes de gestion des entreprises d’Etat, les réseaux de coopératives, ou le financement solidaire). Un maître mot condense ce modèle : la « démocratie économique » (au sens large). Il s’agissait d’en éprouver la cohérence et la faisabilité, pour ne pas verser dans l’utopie, fût-elle modeste, et aussi d’en identifier les faiblesses ou les lacunes. Je suis tout à fait persuadé que cela demande de grands efforts et commande de constantes rectifications.
Mais j’avais aussi un autre projet sur la table,
Refaire un retour sur Marx
Il y a plus de trente ans j’ai publié, non sans peine, mon « opus magnum », résultat d’un long labeur : deux forts volumes, intitulés De la société à l’histoire, tomes 1 et 2 (le troisième est resté en panne). Il s’agissait d’une part de reprendre les concepts marxiens fondamentaux, dans le champ de ce qui s’est appelé « le matérialisme historique », pour les affiner, les prolonger, les rectifier au besoin, et d’autre part, et en même temps, de les confronter au massif des connaissances (les meilleures, les plus sûres), qui ont vu le jour après la mort des deux pères fondateurs du marxisme.
Curieusement l’entreprise, dans l’ambition théorique qui était la sienne, a été peu tentée par des successeurs, plus soucieux de développer des aspects particuliers ou d’en tirer des leçons et considérations politiques. Depuis longtemps quelques bons lecteurs et amis me sommaient de donner une version plus courte et plus lisible de cet ouvrage, aujourd’hui épuisé. C’est ce que je viens d’essayer de faire dans mon dernier livre Matérialisme historique. Les concepts fondamentaux revisités (L’Harmattan, 2022) en corrigeant et actualisant mes précédentes analyses et en les élargissant vers une théorie de l’histoire, aux prétentions modestes.
Sur le contenu de ce blog
Je n’ai pas voulu en faire un blog sur des questions d’actualité, mais une petite bibliothèque de quelques uns de mes écrits, sachant que le meilleur des lecteurs n’aura ni la patience de lire mes livres et contributions, ni les moyens de se les procurer. La plupart des textes que j’ai retenus sont donc succincts, et essentiellement théoriques, dans des champs divers. Cependant, comme je me suis bien sûr intéressé aux enjeux de mon temps, j’ai aussi fait figurer quelques textes sur l’Union européenne et de ses avatars, sur des questions politiques, économiques et sociologiques, et surtout sur le « modèle » chinois, qui fut et reste l’un de mes principaux centres d’intérêt. Beaucoup de ces textes sont datés (je le précise chaque fois), donc dépassés, mais ils m’ont semblé présenter quand même quelque intérêt, au moins rétrospectif. Je sais que les textes retenus dans ce blog ne sont pas de ceux qui font du buzz, mais toute réaction ou tout commentaire me sont précieux, et j’en remercie mes lecteurs.