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Le blog de Tony Andreani
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1 mars 2025

Un féodalisme numérique?

Un « féodalisme numérique » ?

 

 

 

Plusieurs ouvrages récents ont soutenu la thèse que le capitalisme des plateformes internet avait engendré un « féodalisme numérique », les utilisateurs de ces plateformes effectuant, tels des serfs, un travail non rémunéré, lorsqu’ils leur fournissent les masses de données dont elles vont se servir pour obtenir des informations sur eux, puis les inciter à de nouveaux usages et enfin vendre ces données à des tiers.

Selon Marian Mazzucato (autrice de Mission économie Un guide pour changer de capitalisme, Fayard 2012), ces plateformes tireraient de là une « rente algorithmique », lors même qu’elles fournissent des services gratuits. Et leur rente se serait encore accrue avec leur contrôle sur l’intelligence artificielle. Yanis Varoufakis (Les nouveaux serfs de l’économie, Les liens qui libèrent, Paris, 2024) va même plus loin : le capitalisme est en train de s’autodétruire en tant que système axé sur le profit, puisque la rente accaparée par les plateformes, qui irait jusqu’à 40% de la valeur produite, tarirait ce profit et mettrait l’économie sens dessus dessous, en privant les Etats de rentrées fiscales et en les condamnant à des politiques d’austérité.

Que penser des ces théories ? Elles reposent donc sur l’idée que les consommateurs fournissent un travail gratuit. Voyons comment. 

 

Le travail de l’utilisateur des plateformes

 

En cliquant sur les réseaux sociaux pour communiquer, donner des avis, partager des photos, sur les plateformes commerciales  pour faire des achats ou vendre quelque chose, sur les plateformes de contenu pour se renseigner, visionner films et vidéos, l’internaute fournit des milliards de données. Leur nombre est en principe limité par des règlements sur la protection des données personnelles, mais ceux-ci sont peu contraignants et l’utilisateur dont faire un effort spécial pour les faire respecter.  Pour les plateformes ce recueil des données remplace avantageusement les laborieuses études de marché d’autrefois, car, une fois moulinées par de puissants ordinateurs, elles leur permettent de connaitre ses goûts, de les renforcer, de les orienter, et même de supputer ses moyens financiers. Et tout cela pour un coût minime.

Ce travail de l’internaute ne doit pas être confondu avec celui des « petites mains », qui traitent et « modèrent » les données, mais qui, elles, sont rémunérées, quoique le moins possible (c’est pourquoi il est délocalisé, par les plateformes, dans les pays à bas salaires),

Non seulement les plateformes se servent des données qui leur ont été fournies gratuitement pour proposer leurs propres services, mais encore elles les vendent à des tiers, quoiqu’elles en disent –elles le nient au prétexte qu’elles ont respecté les règlements protecteurs - pour des milliers de dollars, à des courtiers que les revendront à n’importe quel acquéreur. Un marché colossal.

Ce travail gratuit de l’internaute  ressemblerait donc aux corvées d’autrefois, mais une telle forme d’exploitation est tellement diffuse et cachée qu’elle n’apparait pas comme telle. Que faut-il en penser ?

Ce que nous allons remarquer d’abord est que le travail gratuit est devenu une tendance générale, qu’il n’est pas seulement le fait des plateformes, mais celui des commerçants eux-mêmes.

 

Le travail gratuit dans le commerce ordinaire

 

Tantôt indispensable pour que le consommateur puisse fait usage de la marchandise, tantôt soi-disant utile pour le conseiller, dans les deux cas, son propre travail sert à accroître les marges et donc les profits des commerçants ordinaires.

Voici un exemple, très simple et connu de tous, du premier cas de figure, celui de l’acheteur direct. Autrefois un pompiste, dans une station service, remplissait votre réservoir d’essence, et même nettoyait votre pare-brise. Aujourd’hui vous faites vous-même le plein. Encore récemment vous passiez à la caisse et un employé effectuait votre paiement. Maintenant vous effectuez vous-même ce paiement en utilisant une borne de paiement automatique. A chaque fois vous y consacrez du temps et de l’attention, et tout cela vous le faites gratuitement, car le prix du carburant, toutes choses égales par ailleurs (à l’instant t du prix de marché) n’a pas baissé pour autant, mais le profit, lui, a augmenté.

Un exemple du deuxième cas de figure, celui de l’acheteur connecté, est sa sujétion à ce qu’on appelle les « prix dynamiques », c’est-à-dire des prix qui varient selon le moment où vous faites la demande, une pratique aujourd’hui généralisée, facilitée par les moyens de traitement des données grâce à l’IA, qu’il s’agisse d’un billet de chemin de fer, d’une chambre d’hôtel, d’un robot ménager, ou de n’importe quoi. Cela paraît certes rationnel. Il s’agit de réduire les coûts de l’offreur du service ou du bien, en remplissant les trains ou les chambres disponibles, ou encore en réduisant ceux du stockage. Mais cela suppose à nouveau tout un travail, souvent intense, du consommateur, qui doit comparer les prix assidument, lesquels bougent d’un instant à l’autre, pour obtenir le meilleur. Ici encore un travail gratuit, qui permettra d’augmenter les profits. Imaginons que ce travail, tout à fait utile au prestataire, soit rémunéré : cela signifierait qu’il serait décompté du prix qu’il choisira en fonction du temps passé à le choisir - ce qui serait techniquement réalisable. Mais ce n’est évidemment pas le cas. Au contraire il est pénalisé s’il a trop tardé. Notre prestataire a donc fait une marge supplémentaire, l’usage des algorithmes ne lui ayant presque rien coûté.

Voici un autre exemple de ce deuxième cas : l’usage des comparateurs de prix, censés faciliter le meilleur choix. Ici encore cela paraît relever d’un calcul rationnel, au bénéfice cette fois du consommateur : impossible pour lui de relever tous les prix, ne serait-ce que ceux affichés dans les magasins ou les grandes surfaces de son voisinage, sans y passer un temps fou. Il est donc normal  qu’il paie indirectement ce service via le prix de la marchandise (les comparateurs prennent en effet des commissions aux marques qu’ils compilent). En outre il y a plusieurs comparateurs de prix, en sorte qu’il va passer beaucoup de temps à comparer…les comparateurs. Encore un travail gratuit, qui disparaitrait s’il pouvait se fier à un comparateur certifié, qui ferait son travail sérieusement et honnêtement, sans favoriser tel ou tel producteur qui lui donne les meilleures commissions – un abus qui ne manque pas d’inquiéter les autorités de la concurrence. C’est ce que font les associations de consommateurs, qui ne se rémunèrent que par les cotisations de leurs membres.

On pourrait relever bien d’autres cas, où le consommateur croit profiter d’un service, alors que c’est lui qui le paie par son travail. Il y a là comme un ensorcellement. Le consommateur ne sait pas qu’il est mené en bateau, qu’il n’est pas rémunéré pour un service qu’il effectue, tout comme, dans une société traditionnelle, celui qui fait appel à un sorcier pour le soulager de ses maux croit à une guérison, dont il est en fait lui-même, par autosuggestion, l’auteur, si tant est qu’il y ait guérison.

Ainsi le travail gratuit du consommateur direct, comme celui de l’utilisateur d’une plateforme, est-il devenu un trait absolument général du capitalisme contemporain. Mais il a pris une ampleur considérable avec celui des plateformes.

Une question cependant se pose : s’agit-il d’un véritable travail, pouvant donner lieu, comme tout travail, à une exploitation?

 

En quoi la connexion sur les plateformes est bien une sorte de travail

Ce qui distingue le travail d’une activité libre est qu’il s’exerce sous une contrainte de temps et de résultat. Or rien apparemment n’oblige le consommateur « souverain », connecté ou non, à consommer pendant son temps libre. En réalité il y est contraint par ce qu’un sociologue a pu appeler, à propos de la publicité, de la « persuasion clandestine ». Il est difficile de résister à l’emploi des appareils numériques (ordinateurs, tablettes, smartphones) tellement ils sont devenus indispensables, commodes d’usage, et toujours propres à remplir le temps libre, à le saturer. Les activités de loisir, de la contemplation d’un ciel étoilé au bricolage, de la promenade aux échanges informels, de la lecture, fût-ce devant un écran, à l’assistance à un concert ou à une projection cinématographique, se voient remplacées par des contacts sociaux incessants et minimaux, par des jeux virtuels, par le « scrolling » (défilement infini) incessant de bribes d’information, de photos plus ou moins trafiquées, de notifications, et bien sûr de messages publicitaires. Donc, sous prétexte de divertissement, cela ressemble effectivement à un labeur forcé. Et l’internaute fait effectivement, généralement sans s’en rendre compte, le travail d’un salarié - un salarié qui n’est pas plus sous la surveillance d’un humain, mais sous celle de machines. Une forme d’emprise, comme dans la sorcellerie.

Mais ce travail est-il productif de valeur, comme le soutient la théorie du féodalisme numérique ?

 

Un travail certes, mais improductif, et à double face

 

Il nous faut faire ici un peu de théorie. La plupart de ces travaux gratuits concernent la sphère de la circulation, et non celle de la production de biens et de services ou d’activités de temps libre. Par exemple un réseau social ne produit rien, il sert seulement à faire circuler des conversations, des images ou des vidéos entre internautes. Et il en va de même pour une plateforme commerciale ou une plateforme de contenu. Donc, en nous référant aux concepts de Marx et en les prolongeant, le travail gratuit de l’internaute ne produit pas plus de valeur que tous les travaux payés de la sphère de la circulation, tels que les travaux d’achat-vente et de comptabilité. Ce sont en effet tous des travaux improductifs, en ce sens qu’ils ne produisent aucune valeur d’usage « réelle », tangible, mais seulement des conditions formelles de l’échange des marchandises.

Cependant les travaux liés à l’échange fournissent bien des utilités, puisqu’ils permettent à des partenaires d’échanger entre eux et aux consommateurs d’accéder à des biens ou à des services. Comme ils ont un coût, il faut que se produise un transfert de valeur du secteur productif vers le secteur commercial. Cela ne veut pas dire que le secteur commercial « exploite » le secteur productif. C’est bien à l’intérieur de chaque secteur que peut se produit une exploitation du travail salarié, comme c’est le cas en économie capitaliste.

Il faut noter ici que ce que nous venons de dire n’est pas tout a fait vrai, car le secteur commercial lui-même contient des travaux productifs, « dissimulés sont forme circulatoire », comme dit Marx, tels que  les travaux de transport et de conservation de la marchandise, qui ont un impact réel sur la valeur d’usage. Et on dira la même chose du travail de présentation de cette valeur d’usage sur des étals, des rayonnages, des catalogues, des sites internet, qui lui donne une visibilité, du travail d’information sur les produits et services (notices, conseils du vendeur), qui ajoute bien quelque chose à la valeur d’usage, ainsi que du travail effectué pour rechercher des  acheteurs, puisqu’il sert  à les informer de l’existence du produit ou du service. Ce sont là des faces indispensables de ce qu’on nomme le marketing, et on reconnaîtra volontiers qu’elles sont aussi créatrices de valeur.

Mais il y a une autre face du marketing : c’est le travail non d’information, mais de persuasion, plus ou moins clandestine.

On connaît ses formes classiques. Il consiste d’abord à conférer à la marchandise des significations imaginaires qui n’ont rien à voir avec sa valeur d’usage réelle (qu’on regarde par exemple les publicités pour tel ou tel modèle de voiture, bourrées d’effets spéciaux pour enchanter, au sens propre, le consommateur potentiel). On peut ajouter aussi les ruses de toute sorte (par exemple le prix au centime diminué), les malfaçons dissimulées (par exemple le prix qui ne correspond à la quantité), les fausses promotions, bref toutes les façons de tromper le consommateur, qui relèvent de la manipulation ordinaire. Il faudrait évoquer aussi les injonctions frauduleuses (alertes de popularité, alertes de pénurie) pour précipiter les achats.

Et c’est dans ce champ de la persuasion que les plateformes jouent désormais un rôle central. Aucune création de valeur ici, seulement aux yeux de l’économiste néo-classique.

 

Quoi de nouveau avec les plateformes ?

 

Ce qui est nouveau, on l’a vu, c’est que les plateformes de communication (Facebook, Instagram, Tiktok etc.), commerciales (Amazon, Ebay etc.) de contenu (Youtube, Netflix etc.), et d’autres encore, disons le « capital numérique », ont utilisé, pour fournir leurs propres services, des données fournies par les internautes qui ne leur ont que fort peu coûté, et, en second lieu, qu’elles les vendent à tout acquéreur désireux de s’en servir. et, en particulier, aux entreprises commerciales. Ces dernières, même les plus importantes, telles que les grandes surfaces, n’ont pas les moyens d’en obtenir, avec leurs propres services de marketing, en très grand nombre. En outre elles devaient payer pour cela des salariés et, quand elles en avaient les moyens, des agences de publicité. Or ces informations leur  sont devenues indispensables dans la concurrence qu’elles se livrent, même quand il s’agit de petits commerces tels que des restaurants ou des boutiques.  Il leur faut donc acheter, d’une manière ou d’une autre, une clientèle potentielle aux plateformes commerciales, une visibilité sur les réseaux sociaux, des moyens de diffusion sur les plateformes de contenu. Et les plateformes deviennent le vecteur privilégié de l’autre face du marketing, le marketing de persuasion. Pour donner un exemple, les grandes marques de la haute couture attiraient leur clientèle et faisaient leur promotion lors de défilés. Maintenant elles se tournent de plus en plus vers les réseaux sociaux et leurs « influenceurs ». Tout le secteur marchand, et en particulier tout le capital marchand versent ainsi une dîme à des plateformes pour des services, dont beaucoup relèvent de ce travail improductif spécial qui est la persuasion. C’est de là que viennent les superprofits de ces dernières.

 

Les surprofits des plateformes

 

Ils viennent donc de ce qu’elles économisent énormément de travail vivant. Certes, elles ont aussi leurs coûts. Il leur faut des salariés pour entretenir leurs data centers, eux-mêmes onéreux, beaucoup d’énergie pour les faire fonctionner, des ingénieurs et des techniciens pour créer les algorithmes, des « petites mains » pour transformer les informations recueillies en données utilisables. Mais ces coûts sont faibles par rapport à la masse d’informations que les machines peuvent traiter, surtout avec les technologies de l’intelligence artificielle, l’essentiel du travail étant fourni par les internautes eux-mêmes. C’est ainsi toute une branche de l’économie, à proprement parler la branche du marketing, qui prospère grâce à des plateformes, au détriment des autres. Une branche qui est devenue la troisième branche au niveau mondial, après celle de l’agriculture et de l’industrie.

En termes d’économie marxiste, cela signifie que l’on sort de la péréquation des taux de profit entre les branches pour aller vers une branche qui fait de manière constante des surprofits. Le capital marchand extrayait une partie de  la valeur au secteur issue du secteur productif, mais fournissait en majorité des utilités, le capital numérique en extrait une partie encore plus grande en vendant ses données au capital marchand, à seule fin de booster la marchandisation. Nous ne sortons donc pas du capitalisme, mais c’est un capitalisme qui produit énormément de désutilités, toutes celles liées au consumérisme et à l’addiction, notamment pour ceux qui passent des heures entières, dès qu’ils ont un instant de loisir, devant leurs smartphones.

Peut-on parler de l’extraction d’une « rente » ? Les plateformes sont-elles comme des propriétaires fonciers, en l’occurrence propriétaires d’un espace numérique, dont les propriétaires du cloud seraient les plus grands ? Le terme n’est pas approprié, car le cyberespace n’est pas un espace limité, comme peut l’être un espace terrestre, et de ce fait ne se prête ni à une rente absolue, ni à une rente différentielle. 1l est seulement occupé par des oligopoles, comme c’est le cas dans les autres secteurs de l’économie, mais des oligopoles, surtout états-uniens, disposant de moyens financiers si colossaux qu’ils ne trouvent guère de concurrents. La preuve en est que seule la Chine peut les égaler, pendant que les pays occidentaux doivent se contenter de niches, l’Union européenne étant trop divisée pour leur faire face.

Venons-en à une dernière question, celle qui est impliquée par la théorie du « féodalisme numérique ».

 

Le cas de l’intelligence artificielle

 

Il est à la fois le même et différent. Les entreprises d’IA, qui sont le plus souvent des départements des plus grandes plateformes (Microsoft Azur AI, Amazon Web Services, Google AI Platform) utilisent les milliards de données laissées sur le Web non seulement par des particuliers, mais par des entreprises ou d’autres institutions, marchandes ou non, telles des journaux, des éditeurs, des universités etc. Tout cela passe aussi par leurs travailleurs connectés. Mais cette fois elles ne vendent pas leurs services seulement à d’autres entreprises du secteur marchand, mais aussi à des particuliers - les offres gratuites, de plus bas niveau, ne servant que de produits d’appel. Elles pratiquent ainsi un pillage des données fournies  pas ces derniers, qui sont plus ou moins consentants (difficile de se protéger et d’éviter les cookies), mais encore de celles laissées par des ayant-droits (auteurs, artistes, éditeurs, revues, journaux etc.). La source des surprofits, actuels ou à venir, s’est élargie d’autant, ce qui explique la précipitation des investisseurs et les sommets de valorisation des entreprises de l’IA.

 

Deux conclusions

.

Les plateformes numériques ne fabriquent pas que des désutilités, elles rendent de réels services. Pour ne donner qu’un exemple, si vous cherchez un article rare ou une pièce de rechange, la plateforme commerciale va vous diriger vers le bon fournisseur que vous n’auriez pas trouvé autrement. Du fait de leur rôle économique général, et selon leurs fonctions, les  principales plateformes devraient devenir des services publics administratifs pour certaines, par exemple les moteurs de recherche, avec toutes les données qu’ils rendent diesponibles, et des services publics marchands pour d’autres, mais non axés sur la rentabilité capitaliste. A ce compte, les plus essentielles, financées par l’impôt, ne vendraient plus les données recueillies, mais les mettraient gratuitement à la disposition des entreprises utilisatrices et des utilisateurs finaux. Le travail gratuit des internautes profiterait ainsi à tous. Les autres plateformes le feraient à des prix contrôlés, comme c’était le cas pour des biens sociaux comme l’eau, l’électricité, le téléphone etc. Le secteur privé, qui est riche en innovations, pourrait continuer à créer ses plateformes, mais se verrait dument taxé, à hauteur de ses profits.

Il y a tout lieu de parier que ces plateformes publiques seraient  plus vigilantes à fois sur l’authenticité des données, via une « modération » qui traquerait les fraudes et pièges en tout genre, et sur la protection de la vie privée des usagers. Certes elles aussi utiliseraient le travail gratuit des internautes, mais dans le sens de l’intérêt général. Le capitalisme « numérique » cesserait de dominer l’économie.

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