L’Europe progresse dans les sanctions

 

J’avais évoqué, dans une précédente brève, la méthode imaginée pour ramener les pays indisciplinés dans les clous des critères de Maastrich : le blâme public, à destination des agences de notation pour qu’elles rabaissent la note des Etats, et ainsi les contraignent à payer plus cher leurs emprunts. Mais cette forme de délation apparemment ne suffit pas. La Commission propose d’imposer des remèdes dans les domaines des salaires, du marché du travail (assouplir bien sûr ses régles), du marché des biens et des services, mais naturellement pas dans celui du marché du capital. Et ces règles seront assorties de sanctions, telles que la suppression des aides européennes, en particulier agricoles. Il s’agit donc d’en remettre une couche en matière de politiques néo-libérales, en suivant l’exemple allemand.

Décidément ces eurocrates sont incorrigibles : alors que le Vieux Continent glisse dans la dépression, on ne change rien à une équipe qui perd. Alors que la solidarité européenne a atteint son niveau le plus bas, on ne veut rien faire d’autre que de punir les cancres de la classe.

Je pense que la lucidité impose de rompre au plus tôt avec cette Europe-là. S’il est difficile de quitter la classe, au risque de se trouve déqualifié, le moment est sans doute venu de la désobéissance. J’y reviendrai dans une brève beaucoup plus longue.